RDC : Décès de Miguel Masaïsaï, Likasi se souvient de son combat
Le cycliste de la RDC, Miguel Masaïsaï, s’est éteint ce vendredi 18 septembre 2026 à la suite d’un tragique accident de la route survenu à Ouesso, dans le nord de la République du Congo, à proximité de la frontière camerounaise. Le drame a été officiellement confirmé par les autorités de Kinshasa.
Miguel Masaïsaï s’était lancé le 1er mai 2026 dans un défi hors du commun : relier Goma (RDC) à Rabat (Maroc) à la force des jambes. Baptisé « Pedals for Peace », ce projet ambitieux prévoyait d’avaler 14 000 kilomètres à travers le continent africain.

Le 21 juin 2026, au cours de sa traversée de la RDC d’est en ouest, Miguel Masaïsaï avait fait escale dans la ville de Likasi. À cette occasion, il avait été chaleureusement reçu par le Maire de Likasi, Henri Mungomba Tamba. Touché par cet accueil, le cycliste avait témoigné sur son compte Facebook officiel :
« Aujourd’hui, j’ai eu l’immense honneur d’être reçu par Son Excellence Monsieur le Maire de la ville de Likasi dans le cadre de mon projet “Pedals for Peace”. Malgré les nombreuses responsabilités liées à ses fonctions, Son Excellence a bien voulu m’accorder de son précieux temps pour échanger autour de cette initiative qui promeut la paix, l’unité, l’espoir et le rôle du sport dans le développement de la jeunesse congolaise. […] Ce soutien renforce ma détermination à poursuivre cette mission avec encore plus de conviction. »
L’athlète avait bouclé la première phase de son exploit le 5 août à Kinshasa : plus de 6 500 kilomètres parcourus en 67 jours. Le 6 septembre, il reprenait la route en direction du Congo-Brazzaville, enchaînant les étapes à Gamboma et Oyo (où il achevait sa 71ᵉ étape le 14 septembre), avant d’entamer sa remontée vers le Cameroun.

Au-delà de la prouesse physique, la quête de Miguel Masaïsaï était profondément patriotique et humanitaire. À travers « Pedals for Peace », le coureur entendait alerter la communauté internationale et exiger la libération de sa ville natale, Goma, assiégée par la rébellion de l’AFC/M23 soutenue par le Rwanda. Lors de son passage à Kinshasa, il avait d’ailleurs porté la voix des populations éprouvées de l’Est auprès des plus hautes instances du pays.
L’aventurier n’en était pas à son coup d’essai. En 2025, il avait déjà marqué les esprits en reliant Goma à Cape Town, en Afrique du Sud, un périple mémorable à travers le Rwanda, la Tanzanie, la Zambie, le Botswana et la Namibie.
Sa trajectoire remarquable s’arrête brutalement à Ouesso, laissant le souvenir d’un athlète d’exception entièrement dévoué à la paix dans son pays.
Michaella Banza

