Décès de Kalev Mutond : Fin de règne et derniers secrets du « super flic » de Kabila
Kalev Mutond, ancien Administrateur général de l’Agence nationale de renseignements (ANR) sous la présidence de Joseph Kabila, s’est éteint ce lundi 5 octobre 2026 à Paris à l’âge de 69 ans des suites d’une longue maladie.
Surnommé le « super flic » de la République Démocratique du Congo, il avait dirigé l’appareil sécuritaire congolais d’une main de fer de 2011 à 2019, devenant l’un des hommes les plus puissants et redoutés du système Kabila au cœur des crises politiques majeures de la décennie.
Son magistère à la tête de l’ANR a toutefois été profondément marqué par de graves controverses et des accusations répétées d’abus.
Fréquemment pointé du doigt par les organisations de défense des droits de l’homme pour des arrestations arbitraires, des détentions au secret et des actes de torture infligés aux opposants politiques et aux militants pro-démocratie, il avait écopé de sanctions ciblées de la part des États-Unis et de l’Union européenne.
Avec l’alternance pacifique de 2019 et l’arrivée au pouvoir de Félix Tshisekedi, son statut a radicalement basculé, le poussant à l’exil face aux plaintes de nombreuses victimes. Après son retour à Kinshasa en 2022, un apaisement judiciaire était intervenu en août 2023 lorsque le Procureur général avait officiellement ordonné la suspension de l’avis de recherche qui le visait.
Retiré de la scène publique et affaibli par la maladie, il s’était rendu dans la capitale française pour y suivre des soins médicaux approfondis qui n’auront finalement pas suffi.
Sa disparition referme l’un des chapitres les plus complexes et polarisés de l’histoire sécuritaire récente de la RDC, oscillant entre la mémoire d’un serviteur zélé de l’État et celle, douloureuse, de la répression politique.
Djho Mpoyi

