Haut-Katanga : Traverser l’ancien poste de péage de Buluo à Likasi après 19h peut ruiner votre voyage
L’axe routier stratégique Kolwezi–Lubumbashi, sur la Route Nationale n°1 (RN1), est aujourd’hui au cœur d’une vive polémique qui paralyse le commerce et la libre circulation. L’ancien poste de péage de Buluo, situé à l’entrée de la ville de Likasi, s’est transformé depuis plusieurs mois en un check-point militaire redouté par tous les usagers. Dès la tombée de la nuit, à partir de 19 heures, ce site change de visage pour devenir un lieu de tracasseries systématiques : les voyageurs dépourvus de pièces d’identité valides se voient contraints de verser des rançons arbitraires ou sont brutalement bloqués sur place par les forces de l’ordre.
Face à l’intransigeance des éléments de contrôle, les chauffeurs et les transporteurs impuissants choisissent de poursuivre leur route, abandonnant les passagers en situation irrégulière au milieu de la nuit. Cette situation engendre des conséquences dramatiques pour la population civile et les opérateurs économiques qui transitent par cette voie, essentielle pour les échanges nationaux et transfrontaliers.
De nombreux voyageurs se retrouvent ainsi immobilisés en cours de route, perdant parfois leurs bagages ou voyant leurs marchandises périr après avoir été empêchés de continuer leur trajet. Le grand paradoxe de ce dispositif de sécurité réside dans sa porosité financière : alors que le renforcement des contrôles est officiellement justifié par la lutte contre les infiltrations, le système favorise l’effet inverse en permettant à des personnes non en règle de contourner le poste en payant des pots-de-vin, tandis que les citoyens les plus démunis subissent de plein fouet la rigueur de la loi.
Le silence persistant des autorités politico-administratives et militaires de la province du Haut-Katanga, qui assistent à ces dérives à ciel ouvert, amplifie le sentiment de révolte et de désespoir des habitants.
Face à ce mur d’indifférence, la population locale exprime un profond sentiment d’abandon, affirmant ne plus savoir vers quel saint se vouer si ce n’est s’en remettre à la justice divine. L’érosion de la confiance entre les citoyens et les institutions de l’État s’aggrave à mesure que les contrôles routiers se muent en barrières de rançonnement.
Face à ces risques majeurs de blocage et de spoliation, un appel pressant à la vigilance absolue est lancé à quiconque doit emprunter le tronçon Kolwezi–Lubumbashi. Il est désormais impératif de ne jamais voyager sans un document officiel d’identité en cours de validité (carte d’électeur, passeport, carte d’identité) ou, à défaut, une attestation de perte dûment signée par les autorités compétentes.
Pour éviter de voir votre bus repartir sans vous au milieu de la nuit, il est préférable d’effectuer votre voyage en plein jour.
La_Taupe

