Pas de Coupe du Monde 2026 sur Canal+, les Congolais doivent se rabattre sur la RTNC
Le paysage audiovisuel africain traverse un séisme historique avec la confirmation que le groupe Canal+ ne diffusera pas la Coupe du Monde de la FIFA 2026 en Afrique subsaharienne francophone. Habitué à régner en maître sur les grands rendez-vous sportifs du continent, le géant français des médias se voit totalement évincé de la plus prestigieuse des compétitions planétaires. Cette mise à l’écart marque un tournant géopolitique majeur dans la gestion des droits télévisuels sportifs à l’échelle régionale.
Derrière ce bouleversement se cache la stratégie d’expansion agressive du groupe panafricain New World TV, basé à Lomé au Togo, qui a décroché l’exclusivité totale des droits de diffusion auprès de la FIFA pour la zone francophone. Déjà fort de ses succès lors du Mondial 2022 et des récentes Coupes d’Afrique des Nations (CAN), le réseau togolais s’est engagé à retransmettre l’intégralité des 104 matchs de ce tournoi inédit à 48 équipes. Ce choix de la FIFA consacre sa politique de « régionalisation des droits », visant à valoriser les diffuseurs locaux et à maximiser les revenus en faisant jouer une concurrence directe et féroce.
Pour Canal+, les conséquences économiques s’annoncent lourdes, avec un risque réel de désabonnement massif et un manque à gagner publicitaire considérable durant la compétition. Pour amortir ce choc et fidéliser ses millions de clients africains, la chaîne cryptée réorganise ses priorités en investissant massivement dans d’autres disciplines, notamment à travers un accord exclusif avec World Rugby pour les Mondiaux 2027 et 2029. De plus, le groupe mise sur le football local en renforçant l’exposition de la Premier Soccer League (PSL) via sa filiale MultiChoice, récemment introduite à la Bourse de Johannesburg.
Sur le terrain, cette nouvelle donne redistribue radicalement les cartes pour les téléspectateurs et les organisateurs d’événements populaires. Pour suivre les matchs, le public devra s’orienter vers les offres de New World TV ou s’en remettre aux télévisions publiques nationales, notamment la RTNC qui négocie des sous-licences pour diffuser certaines rencontres en clair. Ce basculement technique impose également un défi de taille aux gestionnaires de fan zones et d’écrans géants extérieurs, qui devront impérativement adapter leurs équipements de réception pour capter le signal officiel et éviter le piège d’un écran noir.
Djho Mpoyi

