FAKE NEWS : Non, la mairie de Lubumbashi n’a pas ordonné aux églises de prêcher le changement de la Constitution
Depuis quelques heures, un prétendu communiqué officiel attribué à l’hôtel de ville de Lubumbashi enflamme les réseaux sociaux. Le document portant le numéro 013/BUR-MAIRE/VILLE/L’SHI/2026 et signé au nom de Tunda Kazadi Joyce affirme que la mairie impose aux chefs religieux de prêcher en faveur du changement de la Constitution sous peine de fermeture. Après vérification, il s’agit d’une grossière fake news.
Le texte prétend obliger les pasteurs et prêtres à faire la propagande des réformes institutionnelles lors de leurs prêches dominicaux, brandissant la menace d’une mise sous scellés des lieux de culte récalcitrants.
Bien que le sceau officiel et le logo de la mairie soient apposés (probablement scannés et calqués depuis un vrai document), la forme laisse à désirer :
- Le ton outrancier et les formulations juridiquement aberrantes n’appartiennent pas au jargon administratif congolais.
- L’administration urbaine n’a légalement pas la compétence d’imposer ou de régenter le contenu théologique des homélies dans un État laïc, une telle décision relèverait d’un abus de pouvoir flagrant qu’aucune autorité n’officialiserait ainsi.
Pourquoi fabriquer un tel faux document en ce mois de mai 2026 ? La réponse réside dans le climat politique actuel en RDC. Le débat sur la révision ou le changement de la Constitution de 2006 sature l’espace public et divise profondément la classe politique ainsi que la société civile.
L’Église (notamment catholique et protestante) a historiquement un poids politique immense en RDC et se montre souvent critique face aux dérives du pouvoir. Créer de toutes pièces une fausse note officielle attribuant au pouvoir une volonté d’embrigader le clergé vise un double objectif pour les manipulateurs :
- Discréditer les autorités urbaines et nationales en les faisant passer pour liberticides.
- Créer une révolte populaire dans le Haut-Katanga, une province hautement stratégique.
Ce cas d’école rappelle l’importance de ne jamais partager un document officiel sans en vérifier la source ou attendre la confirmation des médias traditionnels crédibles. Les lieux de culte restent, jusqu’à preuve du contraire, régis par la liberté de culte garantie par la législation congolaise.
Djho Mpoyi

