Lubumbashi : La mairie impose aux églises de prêcher sur le changement de la Constitution
Si la religion peut influencer la politique, pourquoi pas le contraire ? Dans un communiqué officiel daté du 29 mai 2026, l’hôtel de ville de Lubumbashi, chef-lieu de la province du Haut-Katanga, a enjoint l’ensemble des leaders religieux de la ville d’orienter leurs sermons en faveur de la révision ou du changement constitutionnel. Une directive assortie d’une menace de fermeture pour les récalcitrants.
Le document officiel, enregistré sous le Communiqué N° 013/BUR-MAIRE/VILLE/L’SHI/2026, porte la signature de la Maire intérimaire de la ville de Lubumbashi, Tunda Kazadi Joyce.
À travers cette note, l’autorité urbaine demande formellement à tous les responsables d’églises et de communautés religieuses d’orienter, dès à présent, leurs prédications et enseignements sur la question clé du changement de la Constitution en République Démocratique du Congo.
Selon la mairie, cette décision s’inscrit dans le cadre de :
- La sensibilisation de la population aux réformes institutionnelles actuellement en cours.
- La consolidation de l’unité nationale.
L’hôtel de ville de Lubumbashi prévient qu’un refus de se plier à cette orientation expose les leaders religieux à de lourdes conséquences juridiques et logistiques. Les contrevenants s’exposent à des sanctions administratives pouvant aller jusqu’à la fermeture définitive de leur église ou lieu de culte.
Cette injonction de la mairie de Lubumbashi intervient alors que le débat autour de la modification ou du changement de la Constitution de 2006 cristallise les tensions politiques à travers toute la RDC.
Alors que le pouvoir en place justifie ces démarches par la nécessité d’adapter les textes aux réalités congolaises, les forces de l’opposition et plusieurs organisations de la société civile dénoncent une tentative de dérive autoritaire et un embrigadement de l’espace public, y compris de la sphère religieuse. L’implication forcée du clergé à Lubumbashi pourrait intensifier les contestations dans les jours à venir.
Djho Mpoyi

